Ce cher vieux ballroom dancing, quand le queer s’entiche du genre

Sheila Jeffreys traduction de Martin Dufresne et de Michelle Briand

 

La danse de salon, aujourd’hui appelée ballroom dancing, constitue un véritable champ de mines pour les lesbiennes et les hommes gays progressistes que je qualifierai d’« objectrices et objecteurs de conscience » face aux lignes de bataille des rapports sociaux de sexe (gender1 ). Le ballroom dancing exige non seulement la formation de couples, mais de couples aux rôles bien distincts et sexospécifiques, où l’une mène et l’autre suit. Ces rôles peuvent s’avérer gênants, poser d’énormes difficultés aux objectrices et aux objecteurs de conscience, même à celles et à ceux qui adorent danser. La danse de salon renvoie ses adeptes à une époque où les femmes devaient porter la robe de bal et les hommes le tuxedo. Le ballroom dancing moderne n’en diffère pas beaucoup et offre le spectacle de la forme de divertissement la plus genrée qui soit, hormis les boîtes de striptease. Les femmes se livrent à d’extraordinaires femmœuvres, en équilibre sur des échasses (souliers à talons hauts), tandis que les hommes rivalisent en force et en prouesses. Ces danses calquent les rôles de genre de manière si extrême qu’on pourrait croire à une parodie. Cependant, il s’agit bel et bien d’un étalage patriarcal.

Je vais critiquer ici la vision dominante du genre dans la théorie queer, qui le présente comme une notion souple avec laquelle on peut « jouer ». Dans cette interprétation queer, le genre serait « transgressif » lorsque adopté par des personnes d’un sexe biologique dont on attendrait normalement l’étalage d’autres caractéristiques. Cette lecture n’est pas très utile pour qui veut échapper au piège du ballroom dancing. Les protagonistes peuvent s’échanger les rôles de qui mène et qui suit, mais la dynamique demeure la même. On n’en sort pas. À ce titre, la théorie queer était bien adaptée au conservatisme social des années 1990 lorsque l’idée d’une transformation sociale a été reléguée aux oubliettes et que différentes cabrioles respectueuses du système furent qualifiées d’amusantes et de rebelles. J’argumenterai que, loin d’être progressiste, la théorie queer du genre est une simple coquetterie, qui flirte avec la domination masculine et en reproduit les contorsions. Elle emprisonne les lesbiennes et les gays dans le  genre de stéréotypes que des mouvements plus progressistes, la libération gay et le féminisme lesbien, ont tenté de mettre au rancart.

Critique féministe de la théorie queer

Les adeptes de la théorie queer ont, dès ses débuts dans les années 1990, présenté celle-ci comme progressiste et transgressive(2) , mais des critiques féministes la voyaient déjà d’un autre œil. Les féministes lesbiennes, notamment, ont soutenu qu’elle réduisait à néant les idées et les pratiques du féminisme lesbien. Elles percevaient un retour en arrière vers un programme de liberté sexuelle contrôlé par des hommes, auquel s’étaient opposés le féminisme et le féminisme lesbien des années 1970 et 1980(3) . La théorie queer s’est vue reprocher de réinscrire un préjugé masculiniste sous couvert de neutralité. Le queer était présenté comme inclusif, rassemblant sous son parapluie hommes et femmes, ainsi que différentes ethnicités. Les lesbiennes féministes s’y sentaient tout sauf incluses, ayant lutté pendant 25 ans pour imposer une désagrégation de la politique gay afin que le mot « lesbienne » y soit inclus et que les intérêts des lesbiennes soient affirmés spécifiquement. Et voilà que celles-ci se retrouvaient occultées sous la calotte du queer et devaient, une fois de plus, lutter pour leur visibilité. Les mots sont importants et les appellations génériques n’ont jamais servi les intérêts des femmes, puisque l’impératif culturel dominant est masculin. De plus, des critiques féministes ont fait valoir que la théorie et la politique queer se situaient en opposition aux exigences et pratiques révolutionnaires du féminisme de la fin du xxe siècle, plutôt qu’en ajout utile à cette politique(4) .

Les féministes lesbiennes ont fait valoir que la théorie queer a émergé d’une période conservatrice des années 1990 où la politique radicale du féminisme lesbien et de la libération gay se voyait désavouée comme irréaliste. C’en était fini des moments d’enthousiasme où une transformation sociale pouvait être imaginée. On vit plutôt apparaître une théorie et une politique décrétant que la transposition, c’est-à-dire l’échange de rôles, était une stratégie préférable à un changement de système. L’esprit du temps préférait la transposition à la transformation. Ainsi, le jeu de rôles butch/femme fut décrété « branché » pour les lesbiennes, mais pas nécessairement pour les hétéros. D’aucuns soutinrent aussi que faire des choses inhabituelles à et avec ses organes génitaux, y compris les amputer comme dans le transgenrisme, était un geste révolutionnaire(5) . On vit même l’amputation d’autres parties du corps, l’insertion d’objets sous la peau et des formes brutales de marquage au nom d’autres types de « modification corporelle », acquérir leurs lettres de noblesse queer (6) . On présenta comme « transgressives » plutôt que destructives des attaques perpétrées contre le corps de lesbiennes et d’hommes gays profondément troublés, que ce soit par leurs propres mains ou par celles de scarificateurs commerciaux ou de chirurgiens(7) . Comme l’époque n’était pas à l’audace politique, on s’en prit aux corps individuels plutôt qu’au corps social. La politique queer a coïncidé avec la marchandisation de plusieurs domaines de la vie, y compris la sexualité, et avec l’apparition du marché de consommation queer. De plus en plus de pratiques de l’industrie du sexe, comme les spectacles de transvestisme et de striptease, furent intégrées à la vie sociale des lesbiennes et des hommes gays.

Les critiques féministes lesbiennes de la théorie et de la pratique queer sont nombreuses et approfondies, mais l’enjeu qui a suscité le plus de révolte est l’attitude des adeptes du queer face aux rapports sociaux de sexe(8) . Au cours des années 1970 et 1980, des féministes de diverses écoles convenaient que l’attribution de rôles genrés aux classes de sexe masculine et féminine constituait le socle de la domination masculine(9) (le système de triage nécessaire pour désigner qui est membre de la classe sexuelle dominante et qui est membre de la classe subordonnée). Ce système est sexualisé pour créer ce qui est très généralement perçu comme sexuellement excitant, soit l’érotisation de la dominance et de la soumission par le biais de rôles genrés, une forme de sadomasochisme au quotidien(10)

.Les opinions différaient, toutefois, quant à ce qu’il fallait faire à propos des rapports sociaux de sexe. Certaines personnes trouvaient que ce système genré n’était problématique qu’à cause des comportements rigides et démarqués qu’il assignait aux hommes et aux femmes. Selon cette approche libérale, la solution était de rendre le système plus souple, afin que les hommes puissent être plus maternants et révéler leur côté « féminin », alors que les femmes pourraient aspirer à des rôles dans l’arène publique et se montrer plus compétitives. Dans ce modèle, les rapports sociaux de sexe ne sont pas éliminés mais libéralisés. Le système fondamental de répartition demeure en place. Même si les rôles sociaux de sexe ont apporté de légères transformations pour certaines femmes et hommes au cours des décennies récentes, conformément à cette prescription féministe libérale, la réalité matérielle de l’oppression des femmes s’est bien peu assouplie. En fait, même si des femmes ont pu accéder à certaines professions d’où on les écartait jusqu’alors et ont investi en grand nombre le marché du travail, la différence de « genre » est devenue beaucoup plus visible dans la vie publique. Plutôt que decoïncidences, il s’agit peut-être d’une façon de rassurer les hommes sur le fait que les choses n’ont pas trop changé et d’acheter la paix lorsqu’il y avait eu changement(11) . Ainsi, la mode est devenue extrêmement genrée. La différence de pouvoir entre les sexes s’est ancrée encore plus profondément comme base même de ce que la sexualité était censée être, tant en éducation sexuelle que dans l’industrie du sexe. À l’heure actuelle, le principe sexuel du mâle dominant et de la femme soumise est le paradigme érotique le plus répandu, en raison de la déréglementation et de la banalisation de la pornographie, du striptease et de la prostitution, pratiques issues de l’esclavage des femmes et des formes les plus traditionnelles et extrêmes de la domination masculine(12) . La pornographie présente des femmes handicapées par des chaussures aux formes caricaturales et pénétrées de toutes les façons par des hommes incarnant l’idéal masculin. Ces pratiques violentes traditionnelles servent aujourd’hui d’éducation sexuelle et sont les images dominantes de la publicité et des industries de la mode et du divertissement. Les règles se sont peut-être assouplies quant à ce qui est permis aux hommes et aux femmes dans le monde occidental, mais la sexualité demeure encore plus fermement structurée en termes de dominance et de soumission, grâce à une industrie du sexe plus vigoureuse que jamais.

Les théoriciennes féministes radicales ne cherchent pas, pour leur part, à rendre le « genre » un peu plus souple, mais à l’éliminer. Elles comprennent que ce codage des rapports sociaux de sexe constitue le socle et la justification de la domination masculine. Dans la lecture féministe radicale, la masculinité est le comportement de la classe dominante des hommes, et la féminité, le comportement de la classe subordonnée des femmes. À ce titre, ces rapports n’ont aucune place dans l’avenir égalitaire que cherche à instaurer le féminisme(13) .  Dans les mouvements de libération gay et féministe lesbien de la fin des années 1960 et du début des années 1970, ces idées féministes radicales comportaient une compréhension claire du fait que les rapports sociaux de sexe n’étaient pas seulement la base même du système politique que constitue l’hétéropatriarcat mais qu’ils opprimaient aussi lourdement les lesbiennes et les hommes gays. On appelait de toutes parts à l’abandon des rôles de genre, alors appelés rôles sexuels, au profit d’une recherche de rapports fondés sur l’égalité. Les jeux de rôles, que ce soient les rôles lesbiens de butch et de femme, ou ceux d’hommes gays efféminés cherchant des partenaires sexuels butch (et souvent hétérosexuels), étaient rejetés comme restrictifs et limitatifs des modes de relation que pouvaient avoir lesbiennes et hommes gays. Le jeu de rôles était reconnu comme le gabarit de la famille nucléaire hétéropatriarcale qui pesait si lourd dans la vie des jeunes lesbiennes et gays. On reconnaissait alors que le jeu de rôles était courant dans la communauté lesbienne et gay et qu’il possédait une longue histoire, mais il était perçu comme une manifestation de notre oppression et condamné presque universellement dans les textes de libération gay et de féminisme lesbien(14).

Cette intelligence claire de la situation a été minée par l’avènement de la théorie queer, qui a eu beaucoup d’influence, tant à l’université qu’hors ses murs. Les critiques des féministes radicales ont alors été répudiées par plusieurs théoricienNEs et militantEs féministes et gays qui ont adopté des lectures queer, selon lesquelles les rapports sociaux de sexe n’avaient pas à être rejetés puisque l’on pouvait jouer avec et les transposer. Ainsi, un homme se donnant une apparence féminine, et vice-versa, pouvait être perçu comme s’engageant dans une pratique révolutionnaire qui allait « déstabiliser » les rapports sociaux de sexe(15) . Cette lecture queer est devenue dominante dans la sphère universitaire des études lesbiennes, gays et transgenres(16). La théorie queer a intégré la vision des rôles sociaux de sexe comme une simple construction sociale, mais elle s’est ralliée à la lecture libérale selon laquelle il suffit de rafistoler ces rôles au lieu de les éliminer. Cette réhabilitation des rapports sociaux de sexe comme divertissants, et même nécessaires à l’existence lesbienne, a été justifiée à l’aide des idées de sommités de la théorie queer comme Judith Butler. Celle-ci a soutenu que le genre était non seulement une construction sociale, fait incontesté de la théorie féministe générale, mais que les personnes d’un sexe physiologique qui « performaient » les pratiques de « genre » les plus habituellement associées à l’autre sexe se comportaient de manière transgressive(17) . Une telle « performance » démontrait le caractère socialement construit du genre et pouvait avoir un effet de perturbation sur l’appareil de sexe/genre qui fondait la domination masculine.

La principale motivation de cette mission de sauvetage des rapports sociaux de sexe tient peut-être au fait que pour la plupart des femmes et des hommes vivant sous la domination masculine, le désir sexuel est précisément construit par l’érotisation de la différence de pouvoir entre les sexes. L’égalité n’est pas sexy et la simple idée d’un démantèlement des rapports sociaux de sexe a un effet détumescent(18) . Cela s’est avéré particulièrement problématique pour les lesbiennes et les hommes gays qui n’osent pas remettre en question la nature genrée de leur propre expérience du désir sexuel. L’attraction entre personnes de même sexe n’offre pas à prime abord l’inégalité érotisée qui caractérise aujourd’hui l’hétérosexualité. La différence de pouvoir propre au « genre » doit être recréée, par recours au jeu de rôles, pour susciter un effet similaire. C’est à cette fin que le « genre » a été intronisé comme « jouet sexuel » par des théoricienNEs et militantEs queer d’importance, notamment Pat Califia (aujourd’hui Patrick)(19) et Judith Halberstam(20) , qui ont décrété que le jeu des rôles masculin et féminin étaient précisément le moteur de la sexualité lesbienne et qu’il devait être célé- bré. L’éminente théoricienne queer Judith Butler adopte une approche semblable, expliquant qu’elle est une personne dont le désir sexuel est construit à partir de la différence des sexes. Dans une interview, elle dit s’être « située » « en lien avec l’identité butch » au début de la vingtaine et avoir eu « une relation active et complexe avec les discours butchfemme et sadomasochiste pendant une vingtaine d’années »(21) . Dans Défaire le genre, elle explique : « Il peut y avoir des femmes qui aiment des femmes qui peuvent même aimer ce qu’on appellerait la “féminité” »; « nombre de butchs (mais pas toutes) […] sont profondément attirées par le féminin(22) ». Elle poursuit en demandant, « pourquoi s’effaroucher devant l’idée que la masculinité puisse aussi apparaître chez les femmes? (23) ». Certaines théoriciennes lesbiennes ont été jusqu’à soutenir que le jeu de rôles était la base de l’existence lesbienne. Le jeu de rôle butch/femme a été proposé comme culture lesbienne « authentique(24) », de telle sorte que le critiquer devient déloyal à la culture lesbienne. Les féministes lesbiennes ont été accusées d’être ennuyeuses et asexuées de par leur position d’objectrices de conscience à cette pratique(25).

La différence entre l’approche queer et celle du féminisme radical apparaît clairement dans l’œuvre de Catharine MacKinnon, qui ne croit pas que l’échange des rôles sociaux de sexe suffit à rendre ceux-ci inoffensifs. Parlant de l’érotisation de la dominance et de la soumission qui fait de la « cible ou objet » de la sexualité un être « subordonné » qui est « habituellement une femme », elle écrit : « La hiérarchie est toujours exercée par l’entremise du genre d’une façon ou d’une autre, même si l’on joue avec le genre, on en inverse les termes ou on reste entre personnes de même genre, c’est encore asservir le sexe au genre. La hiérarchie des rapports sociaux de sexe demeure, qu’on en joue ou qu’on s’y plie(26) . »

L’appui queer au transgenrisme

La nature problématique de l’arrimage de la théorie queer aux rapports sociaux de sexe est devenue claire avec le transgenrisme, qui possède maintenant un mouvement social et même un programme universitaire, les « études transgenres »(27). Vu d’une perspective féministe radicale, le transgenrisme appuie et maintient la notion et la pratique de la différence de genre, qui constitue la base même de la domination masculine. La notion de transgenrisme exige que l’on accepte le « genre » comme catégorie pertinente. Si l’on rejette la notion de genre, le transgenrisme n’a plus aucun sens, faute de différence à transgresser. La théorie queer, en revanche, a fourni une idéologie beaucoup plus accueillante au mouvement transgenre. On lui crédite la traduction, en langage plus proche du constructionnisme social, de certaines notions vieillies, héritées du transsexualisme, selon lesquelles le genre serait biologique et les personnes qui aspirent à un changement de sexe souffrent d’une faille inhérente qui crée une non-concordance entre leur corps physique et leur « sexe cérébral ». De plus, la théorie queer a conféré un certain chic politique à la pratique du transvestisme.
Elle a introduit le terme plus inclusif de « transgenre » pour englober toutes les personnes qui se prêtent à des performances transgressives. Cette catégorie englobe les lesbiennes et hommes gays adeptes des jeux de rôles, les travestis, les « drag queens » et « drag kings », ainsi que les deux types de transsexuels, la vieille garde attardée à la biologie, et ceux et celles qui rejettent toute explication biologique de leur transition . Pour Holly (aujourd’hui Aaron) Devor : « La rubrique de la sexualité queer a permis l’émergence de sensibilités postmodernes à mesure que de plus en plus de gens revendiquent leur droit d’être ce que leur cœur et leurs tripes leur disent d’être. »(28). « Nous avons commencé, ajoute Devor, à voir émerger des lesbiennes transsexuelles, des pédés trans et des hommes qui les aiment, des lesbiennes et des hommes gays qui aiment baiser ensemble et des lesbiennes qui s’identifient comme “dyke daddies” et vivent leurs fantasmes à titre d’hommes gays S/M. » Transgenre d’homme à femme, Susan Stryker explique que le mouvement transgenre s’est « articulé » à la théorie queer sous forme d’une « alliance politique imaginée de toutes les formes d’antinormativité de genre »(29).

Durant les années 1980, le transsexualisme, précurseur du transgenrisme, était perçu comme un malheureux reliquat de l’époque où sexologues et chirurgiens mettaient à mal le corps et l’esprit des lesbiennes et des hommes gays en vue de les normaliser; il n’était certainement pas perçu comme progressiste (30). Durant les années 1990, il a acquis une base théorique plus respectable du fait de la théorie queer, et a réussi à s’arrimer au mouvement gay et lesbien de sorte que l’acronyme LGBTI est devenu une façon d’exprimer la notion d’une oppression et d’un intérêt communs à ces mouvements. En fait, l’histoire du transsexualisme n’y révèle aucune pratique de transgression, mais bien une invention des sexologues, un diagnostic et un traitement élaborés pour normaliser les lesbiennes, les hommes gays et toute autre personne mal adaptée au gabarit de genre de la domination masculine. Le transsexualisme et le transgenrisme sont historiquement contingents. Au xixe siècle, le « transgenrisme », c’est-à-dire le cas de personnes d’un sexe biologique dont le comportement était jugé plus approprié à l’autre sexe, était interprété comme un aspect de l’homosexualité : des homosexuels masculins, par exemple, étaient décrits comme possédant un esprit féminin dans un corps masculin.(31) La notion qu’il existe un type de personnes qui appartient en réalité au sexe non indiqué par sa biologie et dont la condition exige d’être traitée a été inventée au milieu du xxe siècle. Comme l’explique Bernice Hausman, cette avancée était liée à l’adoption, par les sexologues de cette époque, de la notion de genre pour désigner le comportement approprié censé apparaître chez des organismes sexués.(32) Lorsque la notion de transsexualisme a pris racine dans les années 1950 aux États-Unis, il s’est trouvé des critiques crédibles, notamment des médecins, pour faire valoir que ce problème était d’ordre mental et que la mutilation n’était pas un traitement approprié.(33) Ces objections ont fini par être battues en brèche, de sorte qu’aujourd’hui, l’idée d’un être transsexuel a été banalisée, des opérations sont pratiquées aux frais des services de la santé publique, et des lois imposent aux institutions et aux organisations de traiter ces personnes en fonction de leur sexe d’élection plutôt que de leur biologie.(34)

Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que l’avènement d’interprétations queer du transgenrisme affecte les modes de transition d’un sexe à l’autre, par exemple en levant l’exigence de modifications physiques par prise d’hormones ou par chirurgie, ces interventions médicales ont été embrassées plutôt que combattues. Judith Butler se fait même l’adepte d’un droit juridique à la chirurgie de changement de sexe, écrivant que l’État devrait offrir cette chirurgie aux personnes qui y aspirent : « Ceux qui affirment que la transsexualité est, et devrait être, une question de choix, un exercice de la liberté, ont sûrement raison […] on supprime une liberté humaine fondamentale »(35). Elle écrit également que l’aspiration des transgenres concerne « la capacité à vivre, respirer et se mouvoir et relèverait sans aucun doute de ce que l’on appelle la philosophie de la liberté.(36) » Une défense aussi passionnée peut donner aux objections féministes une apparence de hargne ou même d’injustice.

Mais aujourd’hui, alors que le transgenrisme dépasse le simple jeu de rôles pour requérir l’amputation permanente de parties du corps et une utilisation d’hormones qui transforme le corps de manière irréversible avec de graves risques pour la santé, c’en est fini du caractère soi-disant enjoué que la théorie queer pourrait vouloir s’attribuer. La plupart des transgenres et des transsexuels s’enfoncent sans le moindre remous dans l’océan de la population straight, parce que le but de leur transition était justement d’en faire des hommes et des femmes straight. Rien de vraiment queer à cette démarche. Quant à celles et ceux qui décident de créer une politique transgenre visible et soutiennent que leur pratique est progressiste, on les verra néanmoins habituellement soit subir une chirurgie, soit au moins prendre des hormones. Certaines des théoriciennes et chercheures lesbiennes les plus connues pour défendre depuis longtemps une approche queer du transgenrisme, tout en adoptant la masculinité en tant que lesbiennes butch, ont poursuivi leur itinéraire avec ces changements physiques plus permanents et adopté des noms masculins. C’est ainsi que Pat Califia est devenue Patrick, et Holly Devor, Aaron. Aucune ironie, parodie ou souplesse ne transparaît dans leurs performances impeccables de rôles masculins. L’absence de potentiel révolutionnaire de la pratique du transgenrisme apparaît clairement dans le travail de quelques autres activistes plutôt traditionnalistes en matière de rapports sociaux de sexe. Ainsi, Karen Gurney, qui a travaillé à faire changer les lois dans l’État australien de Victoria, a appris de sa transition d’homme à femme que le transsexualisme est affaire de « reconnaître les normes de genre plutôt que les contester».(37) Autre activiste transgenre, Jamison Green, fait preuve du même manque d’enjouement en expliquant : « Depuis ma transition, je suis simplement un homme blanc de classe moyenne, ostensiblement masculin, qui se trouve à être hétérosexuel (dans ma vie intime) et qui tente de se tailler une place dans le monde. (38)» On n’a constaté aucune soudaine ruée de gens anxieux de rendre leur genre invisible dans leur nom ou leur apparence, même s’il en existe quelques-uns. Ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. Qu’elles s’identifient ou non comme queer, les personnes transsexuelles s’avèrent d’une extrême fidélité aux normes du genre.

Cette normativité du genre dans le travail des militantEs et théoricienNEs transgenres, qui se trouvent au cœur du champ émergent des études transgenres, permet d’exclure la possibilité même d’interpréter cette pratique comme une objection de conscience. Le genre devient, dans ces comptes rendus, tout à fait prescriptif. Ainsi, Rikki Wilchins, porte-parole de l’organisation transgenre militante GenderPAC, soutient que même si les féministes ont de la difficulté à accepter le transgenrisme comme progressiste, elles devraient le faire parce qu’elles ont toutes besoin du « genre»: « Présentement, la collectivité des femmes ne s’entend pas tout à fait avec la collectivité drag et transgenre […] Elles ne réalisent pas encore qu’elles ont toutes un enjeu commun dans le genre.(39) » À en croire Wilchins, les lesbiennes et les hommes gays devraient appuyer et inclure les transgenres parce que, dit-il, « les personnes gays ont toujours eu rapport au genre. C’est ainsi que votre mère “savait d’instinct” que quelqu’un était gay.(40) » Le psychothérapeute David Seil, qui pratique auprès de personnes transgenres, soutient que les lesbiennes et les hommes gays partagent « un continuum avec les transgenres […] Nous sommes toutes et tous situéEs sur ce continuum, y compris les femmes et les hommes hétérosexuels. (41)» Jamison Green, trans de femme à homme, prétend la même chose, affirmant l’impossibilité de remettre en question le besoin de genre, base nécessaire de toute interaction humaine selon lui : « Tout le monde a recours au genre pour communiquer. (42)» Il est clair que ces lectures ne font place à aucune issue. Les adeptes lesbiennes et gays de l’objection de conscience au genre ne seraient que des charlatans, incapables de reconnaître les façons dont elles et ils sont inévitablement et fondamentalement genréEs.

L’absence du féminisme, ou de toute référence à l’existence de la littérature féministe, dans le travail des théoricienNEs queer du genre, est proprement stupéfiante. La table est aussi rase que si le féminisme et le féminisme lesbien n’avaient jamais existé. Au lieu de cela, la théorie transgenre et la politique dont elle a accouché ont cherché à se donner l’apparence du féminisme, en dépit de leur opposition absolue aux bases même des analyses féministes. C’est ainsi que le groupe transgenre militant GenderPAC a cherché à remplacer le féminisme, une idéologie peu attirante parce que critique des normes de genre, par une nouvelle politique qui cherche à enchâsser le genre comme un droit de la personne. GenderPAC se définit comme « l’organisation nationale consacrée à assurer à toutE citoyenNE des États-Unis le droit d’exprimer librement son genre à l’abri des stéréotypes, de la discrimination et de la violence (43) ». Ce projet laisse peu de place aux personnes qui pourraient souhaiter n’exprimer aucun genre. GenderPAC est issue de l’organisation Transexual Menace et a été formée pour « lutter pour la reconnaissance du genre comme droit civique fondamental ».

CertainEs activistes transgenres sont si enthousiastes quant aux qualités et à l’utilité du genre qu’ils et elles cherchent même à le faire inscrire dans le corps des enfants. À les croire, les enfants « transgenres » devraient être traités aux hormones avant la puberté pour prévenir le développement de corps sexués qui pourraient consterner leurs « porteurs » à l’âge adulte. La défense des droits des transgenres fusionne avec l’acharnement dont fait preuve une profession sexologique hautement conservatrice pour normaliser les enfants récalcitrants en les casant dans une catégorie respectable de genre et pour persuader des tribunaux d’autoriser la « transgenrisation » de jeunes filles. Dans l’affaire « Alex », en Australie, une fillette de 13 ans a été autorisée à s’inscrire à une nouvelle école en tant que « garçon » et à entamer des traitements hormonaux pour supprimer sa puberté jusqu’au début de son traitement avec des hormones masculines à l’âge de 16 ans. (44) Il n’y a rien de très souple ou queer à traiter aux hormones des enfants aux prises avec toutes les confusions de l’adolescence dans le but de transformer leur corps pour mieux les caser entre les lignes de démarcation rigides du système genré de la domination masculine. Le mouvement féministe des années 1970 a fait campagne contre les stéréotypes sexuels qui emplissaient les livres destinés aux enfants pour éviter à ces jeunes d’absorber des idées restrictives sur les rôles sociaux de sexe. On ne constate aujourd’hui aucune protestation du mouvement queer face à la pratique de transgenriser des enfants sur la base de normes de genre si brutales qu’elles arrivent à légitimer une intervention chimique sur des organismes prépubères.

Il n’est en aucune façon inévitable qu’un mouvement lesbien ou gay doive se percevoir comme ayant des intérêts communs avec les transgenres. Je suggère au contraire qu’il est probable que le transgenrisme en vienne à être éventuellement perçu comme une forme très grave d’oppression, qui impose des souffrance à certaines lesbiennes et hommes gays, un peu comme le régime médical homophobe qui, durant les années 1950, forçait ou encourageait les lesbiennes et les hommes gays à accepter des traitements hormonaux ou des lobotomies pour les rendre straight.(45) Le transgenrisme transforme ainsi des lesbiennes et des hommes gays par le biais de régimes brutaux d’hormonothérapie et de chirurgie.
Même si je sais que certaines personnes transsexuelles d’homme à femme, et une très faible proportion de transsexuels de femme à homme, choisissent d’entrer en relation avec des personnes de l’autre sexe biologique après leur transition, la plupart demeurent homosexuelles, en lien avec des personnes du sexe qui était le leur avant le traitement. Les recherches menées par entrevues auprès de transgenres établissent clairement que l’homophobie intériorisée constitue un facteur important de leur comportement. (46)Les personnes qui haïssent leur homosexualité à tel point qu’elles sont prêtes à amputer des parties de leur corps et à prendre des hormones toute leur vie sont de bien étranges alliées pour un mouvement lesbien et gay visible et fier de son identité. Malheureusement, il ne subsiste pas dans la culture gay suffisamment de conscience de la brutalité historique de la profession médicale à l’égard de l’homosexualité et des nombreuses façons dont les hommes gays ont vu leurs vies normalisées. Les gens ont la mémoire courte.

Les lectures queer des rapports sociaux de sexe excluent bon nombre des questions importantes aux yeux des féministes radicales. La théorie et les recherches féministes radicales sur la question des rapports sociaux de sexe ou du transgenrisme sont ridiculisées et décrétées hors de propos par bon nombre d’universitaires en études transgenres. Remettre en question le transgenrisme est perçu comme déloyal et irrespectueux. La théorie queer n’autorise pas de questionnement sérieux de la nécessité du genre, s’en tenant à la notion que l’on peut jouer avec lui et le reproduire sans fin. Par exemple, les chercheurs et chercheuses queer sont peu susceptibles de vouloir savoir comment le transgenrisme affecte la santé et le bien-être des personnes en transition, ou ceux des partenaires et des proches de ces personnes. Le postulat définissant le transgenrisme comme essentiellement positif et transgressif interdit de telles voies d’investigation. Une lecture féministe radicale, au contraire, s’intéressera aux préjudices qu’implique le transgenrisme pour les lesbiennes et les hommes gays, ainsi que pour la libération lesbienne et gay. Elle étudiera les torts liés aux diagnostics de transgenrisme chez des enfants. Elle examinera les façons dont une reconnaissance juridique du transgenrisme affecte à la fois les droits des femmes et des jeunes filles et les possibilités de libération des femmes. Aucun de ces enjeux ne peut être soulevé dans les limites d’un programme queer. Les auteurEs de telles questions sont perçuEs comme hostiles et susceptibles d’être accuséEs de « genrophobie ». En fait, l’éruption d’une telle phobie est peut-être précisément ce qu’il nous faudrait. Les objectrices et objecteurs de conscience qui refusent de se soumettre aux diktats du ballroom dancing auront fort à faire pour mettre fin à l’infatuation du queer à l’égard du genre.

1. NDLR : La notion de gender est ici traduite, selon le contexte, par les mots « rapports sociaux de sexe » ou « genre ».

2. Annamarie Jagose, Queer Theory. An Introduction, New York, New York University Press, 1997.

3. Sheila Jeffreys, Unpacking Queer Politics: A Lesbian Feminist Perspective, Cambridge, UK, Polity Press, 2003. 3.

4. Suzanna Danuta Walters, « From here to queer: radical feminism, postmodernism, and the lesbian menace (or, why can’t a woman be more like a fag?) », Signs, vol. 21, n°4, 1996, p. 830-869; Sue Wilkinson et Celia Kitzinger, « The Queer Backlash », in Diane Bell et Renate Klein (dir.), Radically Speaking: Feminism Reclaimed. Melbourne, Spinifex, 1996, p. 375-382; Sheila Jeffreys, « The Queer Disappearance of Lesbians », Women’s Studies International Forum, vol. 17, n°5, 1994, p. 459-472 ; Lillian Faderman, « Afterword », in Dana Heller (dir.), Cross Purposes. Lesbians, Feminists and the Limits of Alliance. Bloomington, Indiana University Press, 1997, p. 221-229.

5. Sheila Jeffreys, « They know it when they see it: the UK Gender Recognition Act of 2004 », British Journal of Politics and International Relations, 2008, p. 328-345;  Sheila Jeffreys, Beauty and Misogyny: Harmful Cultural Practices in the West, Londres, Routledge, 2005.

6. Victoria Pitts, In the Flesh : The Cultural Politics of Body Modification, Londres, Palgrave MacMillan, 2003 ; Nikki Sullivan, Tattooed Bodies: Subjectivity, Textuality, Ethics, Pleasure, Westport et Londres, Praeger, 2001.

7. Sheila Jeffreys, « Body modification as self mutilation by proxy », in Jeff Hearn et Viv Burr (dir.), Sex, Violence and the Body: The Erotics of Wounding, Londres, Palgrave MacMillan, 2008.

8. Wilkinson, op. cit. ; Sheila Jeffreys, « Heterosexuality and the desire for gender », in Diane Richardson (dir.), Theorising Heterosexuality. Buckingham (UK), Open University Press, 1996, p. 75-90 ; Sheila Jeffreys, « Transgender Activism », Journal of Lesbian Studies, vol. 1, n° 3-4, 1997, p. 55.

9. Catharine A. Mackinnon, Towards a Feminist Theory of the State, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1989.

10. Sheila Jeffreys, Anticlimax: A Feminist Perspective on the Sexual Revolution, Londres, The Women’s Press, 1990.

11. Jeffreys, Beauty and Misogyny, op. cit.

12. Gerda Lerner, The Creation of Patriarchy, New York, Oxford University Press, 1987; Sheila Jeffreys, The Industrial Vagina. A Political Economy of the Global Sex Trade, Londres, Routledge, 2009.

13. Christine Delphy, « Rethinking sex and gender », Women’s Studies International Forum, vol. 16, n°1, 1993, p. 1-9.

14. Aubrey Walter (dir.), Come Together, Londres, Gay Men’s Press, 1980.

15. Kate More et Stephen Whittle (dir.), Reclaiming Genders. Transsexual grammars at the fin de siècle, Londres et New York, Cassell, 2000; Judith Halberstam, Female Masculinity, Durham (NC) et Londres, Duke University Press, 1998.

16. Susan Stryker et Stephen Whittle (dir.), The Transgender Studies Reader, Londres, Routledge, 2006.

17. Judith Butler, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, New York, Routledge, 1990.

18. Jeffreys, Anticlimax, op. cit. ; Mackinnon, op. cit.

19. Pat Califia, Public Sex. The Culture of Radical Sex, Pittsburgh (PA), Cleis Press, 1994.

20. Halberstam, op. cit.

21. Kate More, « Never mind the bollocks 2. Judith Butler on transsexuality », in Kate More et Stephen Whittle (dir.), op. cit., p. 286.

22. Judith Butler, Défaire le genre, Paris, Éditions Amsterdam, 2006, p. 225.

23. Ibid., p. 226.

24. Madeline Davis et Elizabeth Lapovsky Kennedy, « Oral history and the study of sexuality in the lesbian community », in Martin Bauml Duberman et al. (dir.), Hidden from History : Reclaiming the Gay & Lesbian Past, New York, Meridian, New American Library, Penguin Books, 1989.

25. Walters, op. cit.

26. Catharine A. Mackinnon, Women’s Lives. Men’s Laws, Cambridge (MA) et Londres, The Belknap Press of Harvard University Press, 2005, p. 273.

27. Stryker et Whittle (dir.), op. cit.

28. Holly Devor, « Who are “We”? Where sexual orientation meets gender identity », Journal of Gay and Lesbian Psychotherapy, vol. 6, n°2, 2002, p. 16.

29. Susan Stryker, « Transgender history, homonormativity, and hisciplinarity », Radical History Review, n°100, 2008, p. 146.

30. D. B. Billings et T. Urgan, « The socio-medical construction of transsexualism: An interpretation and critique », Social Problems, vol. 29, n° 3, 1982, p. 266-282.

31. Henry Havelock Ellis, Studies in the Psychology of Sex. Vol. 2: Sexual Inversion, Philadelphie (PA), F.A. Davis, 1913 [1903].

32. Bernice, Hausman, Changing Sex. Transsexualism, Technology and the Idea of Gender, Durham (NC), Duke University Press, 1995.

33. Joanne Meyerowitz, How Sex Changed. A History of Transsexuality in the United States, Cambridge (MA), Harvard University Press, 2002.

34. Jeffreys, « They know it when they see it… », op. cit.

35. Butler, Défaire le genre, op. cit., p. 109.

36. Ibid., p. 249.

37. Karen Gurney, « Bad Policy, Bad Law. The derogation of human rights for people with transsexualism since the “Justice” Statement », The Alternative Law Journal, vol. 31, n°1, 2006, p. 36.

38. Jamison Green, « Look! No, Dont! », in More et Whittle, op. cit., p. 129.

39. Jack Drescher, « An interview with GenderPAC’s Riki Wilchins », Journal of Lesbian and Gay Psychotherapy, vol. 6, n° 2, 2002, 67-85, p. 72.

40. Ibid., p. 73.

41. David Seil, « Discussion of Holly Devor’s who are “we” ? », Journal of Lesbian and Gay Pyschotherapy, vol. 6, n° 2, 2002, p. 33.

42. Green, op. cit., p. 126.

43. Drescher, op. cit., p. 67.

44. Sheila Jeffreys, « Judicial child abuse: The family court of Australia, gender identity disorder, and the “Alex” case », Women’s Studies International Forum, n° 29, 2006, p. 1-12.

45. Jonathan Katz, Gay American History: Lesbians and Gay Men in the USA, New York, Avon Books, 1976.

46. Holly Devor, FTM: Female-to-Male Transsexuals in Society, Bloomington et Indianapolis (IN), Indiana University Press, 1999.

 

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Ce cher vieux ballroom dancing, quand le queer s’entiche du genre

L’idéologie transgenre ne soutient pas les femmes.

Ecrit par Miranda Yadley, une femme transsexuelle 

 

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L’idéologie transgenre est dans tous ses états. Ses idées centrales sont en contradiction les unes des autres, sont peu soutenues par la science ou les analyses de pouvoir et sont si déconnectées de la réalité qu’elles demandent une suspension complète de tout scepticisme pour s’installer dans la tête d’une personne sans que celle-ci souffre de dissonance cognitive.

Même si j’établis une distinction entre ceux et celles qui sont transsexuel-le-s et ceux et celles qui s’identifient comme transgenres, tous ces points s’appliquent aux deux groupes.

Ici sont exposées les choses que l’idéologie transgenre a besoin de faire pour que cela puisse soutenir la vie des femmes.

  1. Accepter que le féminisme et les autres mouvements des femmes ne centrent pas et ne devraient pas centrer les personnes transgenres. En ce moment, les personnes trans dominent les discussions, et causent même de grands désaccords idéologiques à l’intérieur du féminisme, encore ici et aujourd’hui au Royaume Uni (22 Juin) les rapports statistiques des hôpitaux montrent 632 nouveaux cas de mutilations génitales féminines dans le West Midlands (apparemment « les filles sont amenées à Birmigham pour être coupées « ) de Septembre 2004 à Mars 2015.
  2. Accepter que l’ idée d’identité de genre innée est basée sur des idées qui ont un lien si ténu avec la science que c’est à peine une conjecture. La demande transgenre à la condition de vie des femmes (womanhood / ou le contraire manhood) est complètement dépendant du concept d’une identité de genre innée, et en prenant cela à part ça dépouille le mouvement de son rôle d’être un mouvement de droit civique soutenant le combat de la minorité opprimée, et à la place se retrouve être un militantisme pour les droits des hommes travestis, soufflant et pouffant sur le féminisme et les femmes.
  3. Accepter que sexe et genre ne sont pas le même chose. Le sexe est une réalité biologique basée sur un potentiel reproductif, et le genre est un système social qui blesse les femmes par des comportements stéréotypés, en donnant aux femme les stéréotypes négatifs et aux hommes ceux qui sont positifs. Le genre lui-même est une oppression, pas une liberté civile. Toutes les transfemmes sont par définition des mâles biologiques, socialisées comme des garçons et qui ont le plus souvent transitionnées à l’âge adulte, même si dans le climat actuelle il apparaît que ça devient acceptable pour les enfants de transitionner, ce qui devrait être examiné attentivement plutôt que inconditionnellement. Dire que notre biologie reste inchangée n’est pas un jugement de valeur, c’est une déclaration de faits moralement neutres, ni bon ni mauvais, c’est juste ce qu’il est, et être une femme n’est pas un sentiment ou une option.
  4. Respecter le féminisme et ça inclue la “deuxième vague” sans laquelle aujourd’hui les droits des femmes, les structures d’aides (refuge) et organisations n’existeraient probablement pas.  Accepter que le féminisme est pour les femmes et les filles, pas les transfemmes. C’est incorrect d’insister pour que le féminisme centre les transfemmes, cela force la majorité opprimée a centré les intérêts d’une partie de la classe des mâles oppresseurs. Les femmes n’oppriment pas et n’ont pas des privilèges par le genre sur les personnes trans.
  5. Abandonner la demande à la condition de femme adulte basée sur l’idée discréditée et peu supportée scientifiquement « de sexe dans le cerveau ». Cela est appelé du « neurosexisme » et c’est l’idée sexiste qui a été utilisée pour opprimer les femmes pendant des millénaires. C’est notre corps qui fait que les êtres humains sont sexuellement dysmorphique et  le « sexe dans le cerveau » n’a aucune place dans aucun mouvement de droits civiques.
  6. De cesser d’insister pour que le langage spécifique qui décrit plus de 50% de la population soit effacé pour contenter l’ego fragile de 0,3% de la population qui est trans. Cela signifie respecter les droits des femmes de décrire leur propre corps et expériences et aussi se débarrasser du terme obsolète et coercive cis, nous avons déjà un mot pour femme et c’est femme. Les pénis sont des organes sexuels masculins, et les vagins des organes sexuels féminin : c’est comment la reproduction humaine fonctionne.
  7. Reconnaitre que la vie des trans est différente de la vie des femmes et que les femmes sont légitimes à avoir leur propre espace, ce qui devrait toujours être respecté. C’est inacceptable d’attaquer les institutions des femmes qui existent pour supporter les femmes les plus vulnérables au nom du transactivisme.
  8. Avoir des discussions honnêtes sur l’autogynephilie. C’est quelque chose de réel. Présentement son existence est niée même si beaucoup de personnes trans admettent que c’est une motivation pour leur transition et que la pornographie forme une part centrale de la culture trans. Vous ne pouvez pas vous battre honnêtement pour les droits des trans en niant que l’autogynephilie existe.
  9. Accepter et explicitement reconnaître que les lesbiennes sont des femmes qui sont attirées par des femmes, pas des transfemmes, et que le cotton ceiling est une coercition sexuelle qui passe par l’humiliation des lesbiennes. Non les lesbiennes ne sont pas des bigotes, transphobes, haineuses pour avoir des limites qui excluent les transfemmes. Cela devrait être respecté et ceux et celles qui ne respectent pas leurs limites devraient être réprimandé-e-s spécialement ceux et celles qui font leur vie sur les activités d’exploitation comme la pornographie. Ils devraient aussi accepter que le mot lesbienne appartient aux femmes ;
  10. Accepter que les hommes et les femmes sont socialisé-e-s de façon fondamentalement différentes et qu’il y a quelque chose comme la socialisation masculine et la socialisation féminine. Accepter que c’est inacceptable d’abuser ou de faire des menaces de morts aux femmes et autres transfemmes sur internet. Cerner le problème de la violence masculine et arrêter de blâmer les femmes pour vos difficultés, et par extension arrêter d’utiliser l’acronyme TERF, qui est utilisé tellement que son essence et sa signification sont un terme de haine.
  11. C’est ok d’avoir des désaccords avec les autres, c’est ce qu’un discours et d’un débat sont et nous pouvons le faire sans que ça devienne un propos de vie ou de mort. Ce n’est pas acceptable de faire taire tous les débats que vous ne pouvez pas contrôler.
  12. Accepter que les « femmes trans » échouent en faisant des “femmes trans” un sous ensemble des femmes parce que la réalité se mets en travers du chemin. Dire que les transfemmes sont des femmes est un effacement de la vie actuelle des femmes comme des transfemmes et au mieux font que les transfemmes apparaissent brisées. Est-ce que les transfemmes ressentent réellement cela ? A quoi sert le « trans » dans cette déclaration si cela est vrai ? Ce n’est pas de l’acceptation de soi, c’est un vulgaire déni de la réalité.

Mais surtout, les personnes qui sont transgenres devraient apprendre à s’accepter elles- mêmes comme elles sont sans honte et comprendre que les personnes à qui elles doivent le plus, et peuvent le plus, sont les femmes.

 

L’idéologie transgenre ne soutient pas les femmes.

Terminologie transgenre

Transgenre est un terme récent qui a remplacé le terme transsexuel, et avec ce nouveau terme est venu un nouveau sens. Les mots « genre » et « sexe » sont utilisés de façon interchangeable dans la plupart des écrits et témoignages sur les personnes trans mais ils signifient des choses vraiment différentes. Cela a causé beaucoup de désinformations sur les problèmes des trans, ainsi ici nous avons listé ce qui est le plus commun dans la terminologie transgenre avec des explications.

Classé du plus basique au plus compliqué

-Sexe (ou Sexe Biologique ) :
Le sexe biologique est binaire : il y a deux sexes : féminin et masculin. Mâle/femelle. Les mâles naissent avec des organes masculins (pénis et testicules) et des capacités reproductives masculines (production de sperme). Les femelles naissent avec un sexe féminin et des organes reproducteurs féminins (vagin, utérus), elles développent des fonctions reproductrices féminines (menstruation, gestation d’un fœtus, accouchement)

Les femmes sont les femelles humaines, les hommes les mâles humains.

A noter : ces fonctions ne sont pas forcément pertinentes, même si un homme ne peut pas produire du sperme ou une femme ne peut pas accoucher cela ne change pas les faits biologiques. Le sexe d’une personne est un fait biologique avec des caractéristiques reconnaissables et qui ne peut pas être changé. Un mâle ne peut pas devenir femelle, une femelle ne peut pas devenir mâle. Peu importe combien d’hormones ou de chirurgie ces personnes ont, les changements sont seulement “esthétiques”.

-Intersexe : Les personnes intersexes sont des personnes qui sont nées avec des organes génitaux difficiles à classifier comme mâle ou femelle. Cette condition est extrêment rare. Les personnes intersexes ne sont pas transgenres. (Ou pas nécessairement)

-Genre : Le genre est une idée subjective et abstraite. Les gens ont des opinons différentes sur son sens. Cela ne peut pas être définis comme un lot identifiable de caractéristiques fixes. Le mot est utilisé communément pour démontrer les caractéristiques de la personnalité, les rôles et préférences à lesquelles sont attachées un sexe ou un autre. Exemple : les hommes sont logiques, les femmes sont émotionnelles, les hommes sont agressifs, les femmes sont soumises. Ces caractéristiques ne sont pas basées sur une réalité biologique, elles ne sont pas des qualités fixes ou innées à l’un ou l’autre des sexes. Les mâles et les femelles sont nées avec un potentiel équivalent pour être émotionnelles, ou logiques, ou les deux, ou rien.

-Essentialisme de genre : La croyance que les caractéristiques de genre sont des faits biologiques. Les femmes sont naturellement plus émotionnelles et soumises, et les hommes sont naturellement plus logiques et dominants.

-Stéréotypes de genre L’essentialisme de genre mène aux stéréotypes de genre qui sont la croyance que “les hommes sont comme ça” , “les femmes sont comme ça” comme des faits inchangeables et naturels .

-Transgenre : “ Trans soit par définition passer “de l’autre côté” du genre est relié à une acceptation des stéréotypes de genre des hommes et des femmes, et par conséquent qu’une personne peut se déplacer d’un lot de caractéristique de genre à l’opposé. Les théories transgenres déclarent que le genre est une identité et que l’identité de la personne prime sur le sexe biologique. La théorie a été développée à un point où la biologie du sexe féminin et masculin n’est plus considérée comme une réalité, ainsi le pénis (par exemple) est considéré un organe féminin si la personne qui le porte s’identifie comme une femme. Comme les sexes biologiques n’existent plus, toute définition d’une personne comme homme ou femme dépend de la perception personnelle d’une personne sur elle-même. Les catégories mâles/femelles sont remplacées par des opinions personnelles et subjectives. Effacement de la biologie : http://terfisaslur.com/erasing-female-biology/ Critique des idéologies transgenres : –http://genderapostates.com/transgender-ideology-needs-to-c…/

-Transsexuel : Le mot transsexuel décrit une personne qui expérimente une dysphorie du sexe et pour qui les hormones et la chirurgie semble être la seule option viable pour soulager le sentiment d’inconfort à vivre dans « le mauvais corps ». La dysphorie du sexe est une condition psychiatrique qui est douloureuse et peu comprise. Cela représente moins de 1% de la population. A noter : les personnes transsexuelles ne déclarent pas qu’elles SONT vraiment du sexe opposé, seulement qu’elles s’identifient avec et vivent comme le sexe opposé. C’est important de pointer que le mouvement transgenre présentent mal ces personnes, qui ne partagent pas leurs idéologies. (les mêmes personnes qui se vantent souvent d’être si inclusives) https://radfemresistance.wordpress.com/…/les-femmes-trans-…/ https://radfemresistance.wordpress.com/…/les-femmes-trans-…/ https://rememberresistdonotcomply.wordpress.com/…/une-femm…/

-Dysphorie du genre : La dégoût ou la sentiment de détresse expérimenté par le fait de vivre dans un corps sexué qui semble étranger qui mène à le changer esthétiquement dans le but de le masculiniser ou féminiser. Dysphorie du sexe est un terme plus approprié. (voir plus haut)

-Dysmorphophobie / Dysphorie du corps : C’est une chose différente de la dysphorie du genre/sexe, qui n’est pas lié au transgenrisme. Cela dénote l’état d’une personne insatisfaite avec son corps qui l’amène à voir des défauts qui n’existent pas en réalité. (exemple : une personne anorexique qui voit son corps comme « gros »)

-Assignée à un genre à la naissance : Cela est utilisé de façon interchangeable avec assignée à un sexe à la naissance. Aucune de ces deux expressions n’est appropriée. A la naissance, un nouveau né est classifié correctement par la sage-femme ou le docteur dans l’une des deux catégories de sexe.

-Identité de genre : Les idéologies transgenres sont basées sur l’identité de genre et la croyance que l’identité d’une personne est fixée, innée et assez forte pour surpasser la réalité biologique. « S’identifier comme femme » présuppose un lot de caractéristiques de genre fixes aux femmes ( voir essentialisme et stéréotypes de genre) ainsi beaucoup de personnes trouve l’idée d’identité de genre problématique.

-> Les théories queers disent qu’il n’y aurait un lot d’identité de genre, homme et femme sont des identités de genre mais pas seulement, il y en aurait de nombreuses : demi boy, non-binaire etc (jusqu’au plus absurde :http://uniqueensongenre.eklablog.fr/vue-d-ensemble-sur-les-… ) Cela ne repose plus, comme vous pouvez le constater, sur une réalité matérielle (identifiable), mais sur une perception personnelle de soi. Chaque personne posséderait sa propre vérité sur soi-même. Cisgenre : Des personnes qui sont nées femmes et s’identifient comme femme, et des hommes qui sont nés hommes et s’identifient comme homme. Le terme est rejeté pour les mêmes raisons que plus haut.  https://radfemresistance.wordpress.com/…/…/suis-je-cisgenre/

-MtF et FtM : MtF/ Male to Female signifie mâle à femelle (femme trans) et FtM signifie Femelle à Mâle/ Female to Male (homme trans) A noter : utiliser ces termes dénote une croyance qu’une personne est en fait du sexe opposé, et ils sont parfois utilisé comme une forme de courtoisie pour prendre en compte l’identité d’une personne trans.

-MtT et FtT : MtT/ Male to Trans signifie mâle à trans (transfemme) et FtT signifie Femelle à Trans/ Female to Trans(transhomme) A noter : Ces termes alternatifs dénote un manque de croyance en l’idée que les femmes trans sont des femmes ou que les hommes trans sont des homme. (le terme trans est fixé au mot femme et homme dans ce cas)

traduit en grande partie de ce site : http://www.transgendertrend.com/uk-news-930-rise-in-child-gender-identity-referrals/

Terminologie transgenre

Sur quitter le culte trans

 

version originale ici 

Quand j’ai fait mon coming out comme lesbienne, c’était durant la période d’inclusion, quand de plus en plus de lettres étaient ajoutées à la soupe alphabétique LGBTQ parce que chaque minorité sexuelle avait besoin de représentation. Cela semblait évident que nous devions inclure tout le monde puisque nous avions nous-mêmes affrontées l’ostracisme nous savons à quel point c’est horrible d’être exclues. Nous voulions la justice sociale, nous voulions l’amour et le respect de toutes les minorités. Peu importe combien de lettres étaient ajoutées à l’acronyme « queer », nous les incluions sans poser de questions. J’ai rencontré des gens de toutes sortes durant mes années à l’université – hommes gays, lesbiennes, bisexuel-le-s, transsexuel-le-s, asexuel-le-s, genderfluides… etc. Je croyais en nous travaillons tou-te-s ensemble pour gagner de l’acceptation de la part des hétérosexuel-le-s. Durant ce temps, j’ai aussi commencé à en apprendre plus sur le féminisme. Au début, les sites féministes variés que je lisais ne semblait pas différents les uns des autres. Mais durant les dernières années, nous sommes devenus divisées. Les problèmes nous séparant sont l’industrie du sexe et la politique transgenre. Je n’ai jamais accroché à l’idée que la prostitution est un travail qui doit être légalisé. J’étais capable de voir directement que c’est de la violence. Mais je suis tombée dans le transgenrisme pour un petit moment. Je croyais, ce qu’on nous apprend à croire, que les personnes transgenres sont juste une autre minorité sexuelle qui ont, comme les gays et les lesbiennes, besoin de lutter contre la discrimination. J’étais à fond dans l’aide à toutes les minorités sexuelles pour dépasser l’oppression. On m’apprenait que les personnes transgenres étaient nées dans le mauvais corps et devaient changer leur corps pour que cela corresponde à l’image interne que ces personnes avaient d’elles-mêmes. Je suis une personne ouverte d’esprit et je n’ai eu aucun problème à croire cela. Mais beaucoup de mes sœurs féministes n’étaient pas ouvertes sur cela. J’ai commencé à me disputer en ligne avec d’autres féministes. Je voulais qu’elles comprennent qu’elles étaient haineuses contre une minorité persécutée, et que cela n’était pas compatible avec le féminisme. J’étais contre les « TERFs » et je pensais que je faisais quelque chose de juste.

C’était impossible de ne pas faire de recherches sur le transgenrisme parce que cela ne cessait de revenir encore et encore et beaucoup de questions étaient difficiles à répondre. Les féministes qui me défiaient dans les discussions me demandaient « qu’est-ce qu’une femme ? ». Je me rendais compte que je ne pouvais pas répondre à cette question. J’ai lu des livres sur le transgenrisme et j’ai finalement décidé que c’était une catégorie sociale, mais ce n’était jamais facile à expliquer.  J’ai commencé à être dans des disputes plus violentes dans les fils de discussions. J’ai traité d’autres femmes de transphobe. Cela semblait vraiment terrible. Je pensais que ce que disaient les féministes radicales étaient exagérées. Cela ne semblait pas possible que les femmes trans essayaient de pénétrer les espaces pour femmes pour nous blesser, parce que c’était simplement des femmes qui étaient nées avec les mauvaises parties. N’importe quelle attaque sur l’acronyme LGBTQ je le ressentais comme une attaque contre moi, parce que j’étais dans cet acronyme, aussi. Je pensais que toutes les personnes représentées par le parapluie queer étaient les mêmes : des personnes innocentes affrontant la discrimination.

Les activistes trans sont constamment à rechercher n’importe quoi qu’ils pourraient condamner pour transphobie. Au début c’était des choses évidentes. Les personnes trans devraient avoir le droit à l’emploi et aux soins, et ne devraient pas être sujettes à la violence. Bien sûr ! Mais les choses qui étaient condamnées semblaient devenir moins évidentes. Appeler les gens par le mauvais pronom devient phobique aussi. Ensuite, ne pas mettre les personnes trans au centre de chaque conversation aussi. Et puis parler de biologie et d’anatomie devient phobique aussi. J’étais contre les « Terfs » jusqu’au jour où je lise sur Twitter que dire que les femelles ont leurs règles étaient transphobe, et j’ai réalisé que selon cela, je suis une TERF. Je sais que les femelles ont leurs règles et que pour avoir ses règles il faut être femelle, et si c’est tout ce qu’il faut pour être une TERF, alors tout le monde l’est. Tout le monde dans le monde entier. Ça n’a pas de sens, puisque la plupart des gens ne sont pas des féministes radicales.

Sachant que n’importe qui peut être appelé une TERF pour même des petites choses, et qu’on n’a même pas à être féministe radicale pour être insulté de cela, m’a fait prendre l’acronyme bien moins au sérieux. J’ai commencé à être plus curieuse de ce que les dites TERFs disaient. Les activistes trans déclarent que les féministes radicales sont haineuses envers les personnes trans, mais chaque fois que j’ai lu un blog posté par une féministe radicale c’était bien raisonné, expliqué clairement, documenté, nuancé et compatissant. Ce que beaucoup de féministes radicales sont en vérité en train de dire c’est qu’elles ne sont pas d’accord avec la politique transgenre parce que la politique transgenre est souvent dangereuse pour les femmes, mais qu’elles ne souhaitent du mal à personne qui soit transgenre. Elles sont plutôt centrées sur les femmes, ce qui est quelque chose que les féministes ont toujours fait.

Quand je me disputais sur internet avec ces soit disant TERFs, elles m’envoyaient des articles de presse à propos de femme trans qui avaient commis des crimes contre les femmes. Je refusais cela au début, pensant que c’était des histoires exagérées  ou que c’était juste des cas isolés. Mais avec le temps, les cas isolés ont commencé à s’empiler. Ça a commencé à ressembler à un échantillon. Après  un moment je ne pouvais nier que les femmes trans peuvent être violentes envers les femmes, de la même façon que les hommes peuvent l’être. Ensuite, lire les mots des femmes trans elles-mêmes, sur twitter et les autres réseaux sociaux m’ont montré un point très clair : elles agissent exactement comme les hommes. Certaines n’essayent pas du tout de se comporter comme les femmes le font ou de comprendre les femmes, et elles sont ouvertement hostiles à notre encontre.

Le fait que quelques “femmes trans” sont des hommes violents et misogynes qui n’essayent à aucun moment de se mélanger avec les autres femmes détruit la théorie du « sexe dans le cerveau » et celle du « né dans la mauvais corps ». Ces hommes ne sont clairement pas des femmes. Cela ne fait aucun sens qu’ils essayent de convaincre les femmes qu’ils sont des femmes. La seule explication possible pour les hommes misogynes et violents qui déclarent être des femmes et qu’ils peuvent entrer dans les espaces pour femmes pour s’en prendre à nous, et pour avoir de l’attention et des cookies. C’est évident que leur réel but est de s’infiltrer quand tu regardes leur activisme. Ils n’essayent pas de créer des espaces pour les femmes trans, ou de demander des abris, de l’emploi, des logements pour les femmes trans. Tout ce qu’ils essayent de faire est d’entrer dans les espaces pour femme. Et ils gagnent beaucoup d’attention des médias et des professions médicales de leur militantisme sur le genre.

J’ai vu des gens entrés dans l’activisme trans et perdre complément l’esprit. J’ai rencontré des gens qui croient sincèrement que le sexe biologique n’existe pas et qu’ils ne peuvent accéder à des soins si le docteur ne valide pas leur identité de genre. Imaginez-vous ça, être dans un pays riche avec accès à des soins et refuser cela parce que le docteur veut traiter votre corps physique sur votre biologie actuelle, au lieu de vous traiter sur vos sentiments internes ? Combien ridicule et sans aucun sens cela est de clamer que vous n’avez pas accès aux soins quand vous l’AVEZ et quand il y a d’autres personnes dans les pays pauvres qui ne l’ont PAS. J’ai rencontré des hommes qui servaient dans l’armée, avaient des fantastiques carrières de « STEM », père de beaucoup d’enfants, et ensuite déclaraient avoir été femelles TOUT LE TEMPS. Quoi ?! Et j’ai vu des lesbiennes, qui militaient pour le lesbianisme, participaient à des communautés lesbiennes, se mariaient entre lesbiennes, et soudainement elles étaient des hommes tout ce temps. Beaucoup de ces choses sont un pur non-sens, mais si vous le questionner vous serez appelées une TERF, et on vous dira que vous opprimez des gens. C’est un peu comme le créationnisme : inventer des faux faits qui ne tiennent pas quand on les scrute, déclarer que la science est haineuse contre vos croyances, déclarer être persécuté quand vous ne pouvez pas forcer vos croyances sur d’autres personnes, et essayer de silencier et détruire les non-croyants. Le transgenrisme est un culte religieux.

L’effet que le transgenrisme a eu sur le féminisme est comme un cheval de troie. Ça a rampé doucement d’années en années et soudain explosé en 2010, et maintenant les féministes sont divisées et se battent les unes contre les autres. Nous passons la moitié de notre temps à argumenter sur si oui ou non les femmes trans sont des femmes, et si une grande part du féminisme est transphobe, ce qui signifie que nous ne nous battons plus pour la libération des femmes. Le féminisme est supposé libérer les femelles humaines de l’oppression. Nous devrions passer aucun temps à nous inquiéter pour les sentiments de genre d’hommes abusifs. Ces gens se battent pour les droits des HOMMES. Maintenant que j’ai vu tout ce que j’ai vu, je suis revenue au féminisme réel, du genre qui est pour les femmes. Je ne suis plus confuse sur ce qu’est une femme. Une femme est une femelle adulte humaine, comme ça l’a toujours été. J’ai appris quelque chose de très important : mes sœurs passeront toujours premières. Je suis désolée de l’hostilité que j’ai utilisé contre les femmes qui savent que les femmes trans sont des hommes. J’aimerais pouvoir changer cela. J’utilise un tag pour certains posts appelé « peak trans » Peak trans est le point où les activistes trans deviennent finalement si ridicules que mêmes ceux et celles qui les supportaient précédemment ne peuvent plus. C’est ce qui m’est arrivée et je sais que cela arrivera à de plus en plus de monde

Sur quitter le culte trans

Ne m’appelle pas “cisgenre”. Tu n’as pas la permission de me nommer.

version originale ici
Définitions générales :

Cisgenre est un néologisme signifiant “pas transgenre”,  qui est, une identité de genre ou une performance dans un rôle de genre que la société considère comme correspondant ou étant appropriée au sexe de la personne. Le préfixe cis signifie « de ce coté » ou « pas de l’autre côté »

Ce terme est reconnu comme étant crée par Carl Buijs, un homme transsexuel de Netherlands, en 1995. D’autres racines montre que ce nom a été utilisé dans un site transgenre avant 1995.

Le terme transgenre a été formulé en 1970 par Virginie Prince, une travestie, transgenre au USA.

Fin des définitions

Ne m’appelle pas cisgenre. Tu n’as pas le droit ou l’autorité pour me nommer sans mon consentement.

Cisgenre est un mot utilisé par des personnes qui ont décidé de me nommer sans ma permission.

Cisgenre n’est pas un nom ou une identité que les femelles, femme comme classe, avons choisi pour nous-mêmes.

Cela ne vient pas de nous, ces origines sont d’une perspective trans, une personne qui disait être un homme, crée par des personnes trans et utilisé pour nommer les femelles/femmes comme classe. Les femmes n’ont pas donné leur accord pour être nommées par les autres, comme cela nous a été fait malgré nous historiquement, d’être nommées, identifiées, et définies par les autres.

Tu n’as pas à me nommer sans ma permission.

Ne m’appelle pas cisgenre. C’est offensant pour moi. Je suis offensée que tu considères avoir le pouvoir sur moi, jusqu’à celui de me nommer.

Cisgenre est un qualicatif abusif, méprisant qui exprime de l’hostitité envers moi.

Je me nomme moi-même. Les noms et mots que j’utilise inclue femme, elle. Tu as la permission d’utiliser ces mots quand tu t’adresses ou te réfères à moi.

Tu n’as pas la permission de me donner des noms que tu as crée pour moi, contre ma volonté et de me demander de les porter comme mien.

Ne m’appelle pas cisgenre. C’est ton mot, pas le mien.

Ne m’appelle pas cisgenre. Je vois ce mot comme dénigrant.

Considère ce que tu me fais quand tu présumes que tu peux me nommer, et demande toi pourquoi je résiste. Tu me nommes comme si j’étais incapable de me nommer. Tu me considères comme moins que toi. C’est par tes propres mots que tu détermines que tu as le pouvoir de me nommer, que tu as le pouvoir de me définir… créer un nom pour moi, et que je n’ai pas le droit de résister.

Ne m’appelle pas cisgenre. Tu me dégrades avec ton mot.

J’ai le droit de me nommer. Tu n’as pas à le faire pour moi. Tu n’es pas autorisé à me re-classifier selon le langage qui répond à tes besoins.

Les mâles ont nommé et défini les femmes selon leurs propres termes depuis des millénaires et plus. Quand tu demandes ce droit et commences à te mettre en position d’autorité pour me nommer et me définir, sans ma permission, tu incarnes et gardes compagnie aux mâles et aux traditions des hommes; Tu me profanes.

Historiquement, en regard des autres mouvements de droits civiques, l’idée était que les personnes opprimées se nomment ELLES-MEMES. Elles ne renommaient pas leurs oppresseurs. Le faire aurait été soit ridicule, soit dangereux, plutôt dangereux. Imaginez le peuple noir dire au peuple blanc qu’à partir de maintenant, le peuple blanc sera appelé « comme tu veux ».

Le fait que tu présumes que tu peux me re-nommer montre qu’en fait je suis pas ton oppresseur. Vous présumez que vous pouvez renommer les femmes parce qu’en l’occurrence les femmes ne sont PAS vos oppresseurs, et vous le savez bien.

Je ne suis pas ton oppresseur, cependant blamer les femmes pour les actions du patriarcat est monnaie courante.

Ne m’appelle pas cisgenre. Je ne suis pas moins, ou à ta merci pour que tu me nommes comme tu le souhaites ..

De ta position privilégiée, tu présumes que tu peux me re-nommer.

Ne m’appelle pas cisgenre. C’est ton mot et tu n’as aucun droit de me nommer ainsi. Je refuse ton mot. Tu n’as pas l’autorisation de me re –nommer selon tes besoins.

Tu n’as pas l’autorité ou la permission de me nommer « cisgenre » , un « non », ou « pas »

Je suis une humaine entière, une femelle, une femme, je refuse d’être renommée.

Je n’adopte pas cisgenre, ton nom pour moi. Je suis comme je me nomme moi-même.

Je me nomme femme.

Ne m’appelle pas “cisgenre”. Tu n’as pas la permission de me nommer.

Qu’est-ce que cela signifie être une identifiée-femme ou identifiée-homme ?

version originale ici

L’idée de femme étant “identifiée-femme” ou “identifiée-homme” est un concept qui provient de la sensibilisation féministe des années 1970 et semble ne plus être d’usage. J’entends rarement des féministes qui utilisent encore cette expression. En ce moment, le mot « identifié » est seulement utilisé dans le contexte du transgenrisme où les gens « s’identifient comme » d’un certain genre, mais ce n’est pas ça dont je parle. « identifiée-femme » comme c’était utilisé dans ces groupes de sensibilisation avait avoir avec l’identification des femmes avec leurs oppresseurs – les femmes se voyaient elles-mêmes du point de vue de comment elles étaient définies par rapport aux hommes

Dans  le féminisme est pour tout le monde, Bell hooks explique :

Dans les premiers temps du féminisme nous utilisions les expressions « femme identifiée-femme » ou « femme identifiée-homme »  pour distinguer les activistes qui n’avaient pas choisi le lesbianisme mais qui avaient choisi d’être des identifiées-femme, cela signifiant que leur existence ontologique ne dépendait pas de l’affirmation des hommes. Les femmes identifiées-homme étaient celles qui abandonnaient les principes féministes en un clin d’œil dès le moment où cela interférait avec leurs préoccupations amoureuses hétérosexuelles. Elles étaient des femmes qui supportaient les hommes plus que les femmes, qui voyaient toujours les choses d’un point de vue masculin. Quand j’enseignais un de mes premiers cours d’études des femmes à San Francisco j’étais interpellée par un groupe d’étudiantes lesbiennes radicales qui voulaient savoir pourquoi j’étais encore « sur » les hommes.  Après les cours un jour dans un parking il y a eu une confrontation. En ce temps-là une plus vieille étudiante lesbienne noire, qui avait travaillé dans l’industrie du sexe, et avait eu plus de relations sexuelles avec les hommes mêmes si elle restait clair sur son identité de lesbienne, a défendu mon honneur féministe en déclarant  » elle est une femme identifiée-femme qui a des relations sexuelles avec des hommes – c’est son droit, et elle est toujours de notre côté. » P 95-96

Ainsi la femme qui est identifiée-homme a besoin de l’approbation des hommes pour confirmer son existence et voit les choses d’un point de vue masculin.

Dans “La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne ”, Adrienne Rich décrit l’identification masculine comme  » le casting d’une allégeance sociale, politique et intellectuelle aux hommes. » Elle cite aussi Kathleen Barry, qui a écrit dans son livre l’Esclavage sexuel de la femme que l’effet de l’identification masculine signifie « interioriser  la valeur du colonisateur et activement participer à mener à bien la colonisation de soi-même et son sexe… L’identification masculine est un acte où les femmes placent les hommes au-dessus des femmes, et mêmes d’elles-mêmes. Elles les placent au-dessus en crédibilité, statuts et importance dans la plupart des situations, sans regard sur la qualité comparative que les femmes peuvent apporter à ces situations… Les interactions avec les femmes sont vues comme une forme moindre de relation à tous les niveaux.

Ma génération pourra aussi appeler ce phénomène « misogynie intériorisée ». Nous voyons beaucoup d’identification masculine dans les jeunes femmes aujourd’hui, par exemple comme elles embrassent activement la culture patriarcale en clamant que c’est « empowering ». La raison pour laquelle ces femmes deviennent « identifiée-homme » est la socialisation féminine. Nous sommes entraînées à nous voir nous-mêmes comme inférieures aux hommes, à rechercher l’approbation des hommes, et à nous soumettre à leur demande.

Historiquement et dans la plupart des cas, les femmes deviennent identifiée-homme par nécessité/survie. Elles y sont forcées par le patriarcat, parce que le prix de l’identification comme femme est trop coûteuse à supporter pour les femmes.

Dans Les Femmes de Droite, Andrea Dworkin décrit comment les femmes se conforment au désir des hommes par nécessité

 De la maison du père à la maison du mari et jusqu’à la tombe qui risque encore de ne pas être la sienne, une femme acquiesce à l’autorité masculine, dans l’espoir d’une certaine protection contre la violence masculine. Elle se conforme, pour se mettre à l’abri dans la mesure du possible. C’est parfois une conformité léthargique, en quel cas les exigences masculines la circonviennent progressivement, comme une enterrée vive dans un conte d’Edgar Allan Poe. Et c’est parfois une conformité militante. Elle sauvera sa peau en se démontrant loyale, obéissante, utile et même fanatique au service des hommes qui l’entourent. Elle est la pute heureuse, la femme au foyer heureuse, la chrétienne exemplaire, l’académique pure, la parfaite compagne,  la bombe par excellence.  Quelles que soient les valeurs ambiantes, elle les incarnera avec une fidélité sans faille. P14

 

 

Dworkin était capable de décrire avec compassion les femmes s’identifiant avec les valeurs de la Droite. Sachant que la menace de la violence masculine est très réelle, et sachant aussi que les hommes de Gauche ne sont pas sympathiques avec elles, les femmes conservatives adoptent le paradigme que les femmes appartiennent à la maison et se marient à des hommes protecteurs. En adoptant ces valeurs, elle a au moins une chambre, une pension, et une protection des hommes, autres que son mari, pour elle et ses enfants. Les femmes adoptent ses valeurs par nécessité : en patriarcat nous sommes soit la propriété d’un homme soit de tous. Tout ce que nous avons dans la vie nous devons le gagner des hommes  alors nous signons notre allégeance avec les hommes et nous interiorisons leur valeurs.

Pour revenir à l’ Esclavage sexuel de la femme,  Barry a écrit à propos des effets de l’esclavage sexuel des femmes et des stratégies de survie qu’elles utilisent pour s’en sortir. Les femmes sont entraînées par des proxénètes à croire qu’elles sont des putes et que c’est bon pour elles. Les proxénètes enlèvent aussi les femmes à leurs ami-e-s et familles et leur imposent sur elles une nouvelle identité. Ces femmes qui sont incapables d’échapper à l’esclavage sexuel doivent elles-mêmes pour survivre se définir en terme de comment leurs proxénètes les définies.

« Accepter la perception des autres est prendre la voie de la moindre résistance. C’est une forme de survie pour certaines femmes. C’est l’autre côté de la folie. Celles qui ne sont pas brisées par les abus sexuels précoces et saisonniers sexuels de l’enfance, seront capables de résister à cette définition imposée sur elles par les autres, et même de reconnaître leur propre innommable victimisation.. Mais celles qui se conforment à la définition de leurs ravisseurs prendront leur travail au sérieux. Cela deviendra leur seule source de respect d’elles-mêmes. Une telle femme essayera de prouver qu’elle est la meilleure putain des environs. Elle apprendra la ruse et le vol à l’étalage pour son proxénète. . Dans les interviews avec les ex-prostituées j’ai souvent remarqué une fierté durable pour leur travail. Quand elles disent au reste de nous que nous sommes moralisatrices, prudes, coincées elles survivent en défendant la définition qu’elles ont accepté d’elles-mêmes et en font le meilleure usage possible. » P102

Dans le cas de la femme qui n’a pas le choix que de dépendre de son mari, et de la femme prostituée qui est gardée en esclavage par son proxénète, elle doit absolument adopter une définition d’elle-même qui a été décidé pour elle, et les valeurs de son ravisseur. Sa survie dépend de cela.

Même les femmes qui sont capable de vivre de leur propre terme et gagner leur vie deviendront souvent des identifiées-homme. Parce que notre culture est contrôlée par les hommes, les femmes grandissent en apprenant les façons de penser des hommes. Parce que les hommes sont encore dans la majorité des positions de pouvoir et contrôlent la plupart des richesses et des propriétés, les lieux de travail sous domination masculine et les femmes doivent encore se soumettre à la demande masculine pour pouvoir gagner leur vie. Les femmes d’aujourd’hui sont tout aussi susceptibles d’avoir leurs esprits colonisés par le patriarcat et de promouvoir activement leur propre colonisation.

La femme qui est “identifié femme” est la femme féministe radicale, la sorcière, la rebelle, la résistante au mariage, ou la féministe lesbienne. C’est celle qui peut voir le sexisme autour d’elle et qui insiste pour vivre de ses propres termes. Son allégeance est aux autres femmes. Dans l’essai « la femme identifiée-femme »( the woman-identified woman ) de 1973 par le groupe Radicalesbian, les lesbiennes sont définies comme des « femmes identifiées-femme »

Qu’est-ce qu’une lesbienne ? Une lesbienne est la rage de toutes les femmes condensée au point d’exploser. Elle est la femme qui, souvent commençant à un très jeune âge, agit en accord avec son besoin intérieur d’être la plus complète et une humaine plus libre que sa société ne lui permet. Ces besoins et ses actions, sur des années, l’amène dans des conflits douloureux avec les gens, des situations, les manières de penser acceptables, les sentiments et les comportements, jusqu’à ce qu’elle soit dans un état de guerre perpétuel avec tout ce qui l’entoure, et surtout avec elle-même. Elle peut ne pas être totalement consciente des implications politiques de ce qui pour elle commence par des besoins personnels, mais à un certain niveau elle ne peut pas accepter les limitations et les oppressions qui pèsent sur elle par le plus simple fait de son rôle dans la société – son rôle de femme.La crise dont elle fait l’expérience tend à induire une culpabilité proportionnelle à la mesure de laquelle elle sent qu’elle ne répond pas aux attentes sociales, et / ou éventuellement la conduit à la question et à l’analyse de ce que le reste de sa société plus ou moins accepte. Elle est forcée d’évoluer dans son propre modèle de vie, souvent vivant la majeure partie de sa vie seule, apprenant souvent plus tôt que ses sœurs hétérosexuelles au sujet de la solitude essentielle de la vie (que le mythe du mariage masque) et au sujet de la réalité des illusions. Dans la mesure où elle ne peut pas s’extirper de la pesante socialisation qui va avec le fait d’être une femme, elle ne pourra jamais réellement faire la paix avec elle-même. Parce qu’elle est coincée entre la vue que la société à d’elle – vue qu’elle ne peut pas accepter – et la compréhension de ce que cette société sexiste lui a fait et pourquoi il est nécessaire à la société de faire cela. Celles d’entre nous qui travaillent à se trouver de l’autre côté d’un cheminement tortueux à travers une nuit qui peut durer des décennies. La perspective acquise à partir de ce chemin, la libération personnelle, la paix intérieur, le véritable amour de soi et de toutes les femmes, est quelque chose qui se partage avec toutes les femmes – parce que nous sommes toutes des femmes. »

Pour une femme devenir une identifiée-femme est un voyage et un processus. Cela requiert d’analyser la société et la culture et de regarder la façon dont chaque homme a contrôlé nos croyances, nos pensées, nos activités (processus de sensibilisation) Cela requiert de regarder plus loin que la culture patriarcale et d’imaginer ce à quoi le monde ressemblerait si les femmes étaient en contrôle de leur propre destinée. Cela implique de résister au patriarcat et de vivre de ses propres termes par ses propres règles. Cela implique de mettre les femmes en premier plan et de se battre pour libérer toutes les femmes ; C’est le travail du mouvement féministe de devenir « femme identifiée-femme » et d’aider toutes les femmes à devenir « identifiée-femme » aussi. Nous devons ramener le terme « identifiée-femme » puisque le devenir est une partie importante de notre travail comme féministe.

selfdoubt

 

Qu’est-ce que cela signifie être une identifiée-femme ou identifiée-homme ?

Les femmes devraient coloniser la vie des femmes trans parce que pourquoi pas après tout ?

Si “les femmes trans sont des femmes – fin de la discussion” alors l’inverse est vraie et les femmes sont des femmes trans et les femmes peuvent clamer à l’expérience transgenre des mâles et parler pour et comme femme trans. Pourquoi les femmes trans devraient exclure les femmes de la condition de femme trans, c’est cissexiste et c’est mal.

Il n’y a pas d’expérience particulière partagée par les femmes trans, dire que les femmes trans sont des mâles qui ont altéré leur corps avec des hormones et de la chirurgie n’est pas vrai vu que ça ignore les femmes trans qui choisissent de ne pas altérer leurs corps. Dire que les femmes trans sont des mâles qui choisissent une apparence féminine ignore les femmes trans qui sont des lesbiennes butches et sont mégenrées et appelées homme par les personnes cis ignorantes; La seule chose qui fait qu’une femme trans est une femme trans est qu’une personne s’identifie comme une femme trans. Dire qu’une personne doit être assignée mâle à la naissance pour être une femme est absurde vu que « mâle » est un concept cissexiste qui essaye de nous imposer une rigide et fausse binarité de ce qu’une femme trans devrait être. Femme trans est une identité, dire le contraire est réduire être une femme trans à être un pénis ambulant et c’est de l’essentialisme biologique !!! Les femmes SONT  des femmes trans, nous sommes des femmes nées femme trans. (women born trans women = wbtw)

J’encourage toutes les femmes à embrasser leur vraie identité de genre de femme trans. Pourquoi les femmes devraient être exclues de la condition de femme trans simplement parce qu’elles sont « femelles » ? En plus, « femme » n’a pas de statut social et n’est même pas digne de la protection du système judiciaire Une femme est attaquée et violentée parce qu’elle est femelle ? Woaw… encore un autre jour, encore un peu plus de cistears

Et les femmes nées femmes trans ont besoin de clamer leur droit comme femme trans concernant la protection des identités de genre dans leur lieu de travail; Viré de votre travail parce que votre boss vous trouve trop attirante et la cour suprême de Lowa est d’accord avec son érection légitime ? Défiez-le sur le terrain de votre identité de genre, qui a été profanée alors que comme femme trans votre expression de genre est protégée et ne peut être l’objet d’une fin de contrat !

Les femmes nées femmes trans ont besoin de clamer leurs droits comme femme trans pour la protection de santé. La contraception n’est pas couverte par l’assurance maladie de femelle ?  Comme femme trans, le THS  (traitement hormonal substitutif) est une nécessité médicale pour une vie de danger, regardez si vos droits comme femme trans à accéder à des hormones est protégé, si ce n’est pas le cas, attaquez les en justice ! Et pour la chirurgie esthétique comme l’épilation, ou l’augmentation de poitrine, comme femme trans cela est nécessaire parce que sans cela votre faculté à trouver un travail et votre santé mentale pourrait être à risque. L’assurance ne fournira pas de couverture à cause de la notion cissexiste que vous êtes privilégiées comme« cis » par le fait d’être femelle ? Clamez votre identité de genre de femme trans et poursuivez-les en justice !

Les femmes nées femme trans (wbtw = women born transwomen) est un nouveau mouvement identitaire et comme tous les mouvements identitaires, nous avons besoin d’opposition pour définir ce que nous sommes comme ce que nous ne sommes pas. Une campagne pour rallier les femmes nées femme trans est requise, je suggère de demander l’inclusion des femmes nées femme trans à la Southerne Comfort Conference, un évènement excluant les femmes nées femme trans qui a été un meeting pendant 25 ans et est un festival de haine qui nie l’existence des femmes nées femme trans

Southern Comfort Conference dit que les femmes trans sont mieux que les autres et nient l’existence des femmes nées femme trans. Southern Comfort festive Southern Comfort Festival was reported in the Advocate as being about « magic », right magical as a Klan rally hosted by the Westboro church in Hitler Idaho.

La Southern Comfort Conference  doit être arrêté, tous les interprètes, oratreurs/ices, et supporteurs/trices doivent être boycotté-e-s et déplatformé-e-s parce que supporter des évènements exclusifs des femmes nées femme trans est la même chose que supporter le meurtre des femmes nées femmes trans.

J’encourage toutes les femmes trans nées femmes à sortir du placard et déclarer leur légitime identité de genre que les essentialistes biologiques, les « women-born-transwomen exclusionary radical transfeminists » (acronyme à venir) essayent de nous refuser. Levez-vous femmes trans nées femmes, vous n’avez rien à perdre à part vos privilèges cis !

Version originale ici

Les femmes devraient coloniser la vie des femmes trans parce que pourquoi pas après tout ?